Pourquoi je m’en suis sortie?Le témoignage de notre présidente

Voici le témoignage de Corine Cliquet (notre présidente) et surtout pourquoi je m’en suis sortie.

Une maladie chronique comme le SDRC, laisse des traces, mais on peut très bien s’en sortir et surtout ne jamais en refaire

Attention, j’ai écrit ce témoignage avec mes propres mots, mon propre ressenti, il n’y a aucune critique. Chacun est différent et nos réactions ne sont pas les mêmes. Ma vision des choses est certainement différente de la votre, mais je ne rentrerai pas dans votre vision afin de vous faire plaisir.

 

Comment je m’en suis sortie?

Je vais raconter en bref mon histoire et surtout comment je m’en suis sortie et pourquoi je suis si positive, même si je connais les conséquences, les aboutissants de la maladie. Même si je parle de rémission et non pas de guérison.

La première des choses, c’est d’éviter de se battre contre sa maladie, mais avec sa maladie. De se remettre en question et de voir les côtés positifs de la maladie, de comprendre  (ex: qu’est-ce que j’ai pu faire avec? Qu’est-ce qu’elle m’empêche de faire? Qu’est-ce que j’ai gagné? …..), c’est apprendre à se mettre à l’écoute de notre corps, quel message envoiele fait de déclencher une maladie

 

Mon histoire:

Infirmière, j’ai subi par 2 fois le SDRC. La première fois cela a duré 4 ans (2004-22008), suite à une grave entorse de la cheville G avec rupture ligamentaire, je suis tombée en dépression, car je ne connaissais rien en la maladie. Les douleurs physiques et psychologiques étaient intenses, on se sent culpabilisé, montré du doigt.

Je tairai les termes que j’ai entendu, car je ne suis pas là pour faire le procès de qui que se soit. J’ai subi la maladie pendant 4 ans, mais mon fort caractère m’a permis de m’en sortir une première fois.

J’ai repris mon métier d’infirmière (1ère erreur) et en 2010, blocage du genou D,dut à une luxation méniscale

 

Pas de dépression, car je me suis prise en main. Je faisais partie de groupes sur le SDRC, j’ai vite arrêté, car pour moi ce n’est que de la surenchère, entre qui aura le plus mal. Beaucoup se plaignent, mais personne ne bouge, pour moi ils subissent la maladie

 

Mes astuces pour m’en sortir:

Déjà, je pars de l’idée que si j’ai eu le SDRC, ce n’est pas lié aux soi-disant traumatismes de mon enfance. Non, pour moi c’est du au fait que je devais apprendre une leçon:  mon métier d’infirmière ne me convenait plus, que je devais évoluer, changer. Chose que je n’ai pas voulu comprendre la 1 ère fois.

Alors comment j’agis?:

  • Refus de me laisser enfermer dans des catégories comme le font souvent les professionnels de la santé, les psychologues. Pour moi c’est assez facile car je ne rentre dans aucun moule. Je tiens et j’entretiens ma différence
  • Par conséquent, refus d’aller voir un psychologue
  • J’ai toujours dis que la maladie ne prendrait jamais le dessus, ce n’est pas elle qui dirige, c’est moi. Même si je connais les conséquences de cette dernière, le maître c’est moi.Pour la deuxième fois j’ai gagné
  • Dès le départ, je me suis battue, j’ai cherché quelque chose pour m’aider à ne pas penser qu’a ma douleur: ça a été la création de la fédération d’associations Thera Wanka.
  • Je m’éloigne du plus possible des gens négatifs, j’ai besoin d’être entouré de personnes qui vont dans le même sens que moi: qui se plaignent (je le fais aussi), mais nous faisons tout pour nous en sortir
  • Je suis toujours restée positive et pourtant je connais les risques du syndrome, qu’importe, cela ne m’arrivera pas
  • Je ds ce que j’ai à dire et même si se sont des médecins, kinés… et qu’ils ne sont pas d’accord avec moi. Mon but étant de donner les informations sur le SDRC. Un médecin, un kiné se sont des êtres humains comme moi!!
  • Je me remets en question, je cherche à comprendre: pourquoi? Pour moi: stopper le métier d’infirmière, qui ne me correspond plus. Etre infirmière, c’est rentrer dans un moule, faire ce que l’on nous demande sans se poser de questions. Cela n’est pas moi, j’ai besoin d’aider à pousser les gens, à réfléchir, à les sortir de leur retranchement. De faire passer des messages sans que cela joue sur ma note (et oui en tant qu’infirmière nous sommes notée, qu’elle belle bêtise)
  • Je ne me cache pas derrière la maladie, les douleurs, j’avance même si parfois les larmes montent car j’ai trop mal
  • A 51 ans, je n’ai pas eu peur de tout lâcher et de faire une reconversion professionnelle qui me convient certainement mieux ou je me sens plus libre: Econsi-formations
  • J’apprends à gérer ma colère, cela fait parti du processus normal pour les patients atteints d’une maladie chronique: Processus psychologique. 
  • J’évolue mais cela prend du temps, Rome ne s’est pas fait en un jour
  • J’apprends maintenant à penser à moi, même si l’association est là pour faire avancer les informations, la reconnaissance du SDRC. Je sais que je ne suis pas là pour soigner, ni aider tout le monde. J’ai compris que je ne ferai pas changer les gens qui ne veulent pas s’en sortir et surtout que je ne suis pas responsable de leur SDRC, de leurs douleurs, de leurs problèmes, c’est à eux de les gérer et non à moi.
  • Je me suis remise en question seule, j’ai évolué et avancé seule. Pas vraiment, je pars du principe que chaque personne que je rencontre sont là pour m’apprendre à évoluer
  • Je ne compare pas mon SDRC avec celui d’un autre malade. Le syndrome est complexe et donc différent, cela va dépendre des différentes phases ou en est le malade. Nous sommes tous différents face à la maladie, la douleur.
  • Je me plains, mais je me soigne, pour que la plainte ne fasse plus partie de mon processus

 

Je le répète, la maladie n’est pas maître, ne prendra pas le dessus. Et surtout, je me bats, je ne baisse jamais les bras, malgré les difficultés. Je suis ce que je suis, avec mes défauts, mes qualités: mais c’est sûre que je rentrerai jamais dans un moule!!!

 

Conclusion:

Tout le monde peut s’en sortir: Mais pouvoir c’est le vouloir ou le vouloir c’est le pouvoir.

Nous passons tous par le processus psychologique, cela est normal, nous le faisons tous à notre propre rythme. Mais à partir du moment, que l’on se remet en question, que l’on se pose les bonnes questions, que nous voulons nous en sortir et que nous faisons notre maximum pour le faire. Alors, nous devenons maître de la maladie.

 

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