Bisphosphonates et SDRC

Bisphosphonates et SDRC

Les bisphosphonates pour le SDRC, après 4 études positives, leur efficacité n’est toujours validés. Voici les résultats d’une étude, faite en Italie. Etude faite sur des patients atteints de SDRC au niveau soit des  main, soit des  pieds

Article prit sur :

http://www.rhumato.net

Traitement de l’algodystrophie par bisphosphonates : résultats d’un essai contrôlé, randomisé avec le neridronate

Par René-Marc Flipo (CHRU de Lille)
Article commenté :
Treatment of complex regional pain syndrome type I with neridronate : a randomized, double-blind, placebo-controlled study.
Varenna M et coll.
Rheumatology 2013 ; 52 :534-42


Retrouvez l’abstract en ligne

L’algodystrophie, appelée aujourd’hui syndrome douloureux régional complexe de type I, est une affection loin d’être rare et pour laquelle nous ne disposons pas en France de traitement validé avec AMM. Pour autant, de nombreuses modalités thérapeutiques ont été évaluées et restent encore proposées comme le possible recours aux bisphosphonates.
Les bisphosphonates ont déjà fait l’objet de 4 essais contrôlés, mais leur efficacité n’est pas encore validée. Le neridronate est un aminobisphosphonate dont la structure chimique est très proche de celle de l’alendronate et du pamidronate. Par conséquent, ce traitement est utilisé dans certains pays dans le traitement de la maladie de Paget et de l’ostéogenèse imparfaite.

Il s’agit d’un travail italien : étude contrôlée, randomisée, réalisée en double aveugle et contre placebo. De ce fait, les auteurs ont sélectionné des algodystrophies répondant aux critères dits de Budapest et atteignant soit les mains, soit les pieds. Par conséquent, la durée d’évolution devait être de moins de 4 mois avec une EVA douleur spontanée à plus de 5/10 et une scintigraphie osseuse positive à l’inclusion.
De même, les patients ont fait l’objet de perfusions intraveineuses de placebo ou à 100 mg de neridronate (sur un volume de 500 mL perfusé en 2 heures). Ainsi, ils ont fait l’objet de 4 perfusions avec des intervalles de 3 jours. L’évaluation est faite à J40 avec possibilité pour les patients du bras placebo d’une extension en ouvert avec traitement verum.
Ainsi, le critère principal est la variation de l’EVA douleur entre l’inclusion et J40. Les malades sont considérés comme répondeurs si la douleur est réduite d’au moins 50%.
Quarante et un patients ont été randomisés dans chaque bras. Les patients sont à l’inclusion comparables avec une durée d’évolution des symptômes de l’ordre de 5 semaines. Deux fois sur 3 il s’agit d’une algodystrophie d’origine post-traumatique. Sept à 8 fois/10 il s’agit d’une localisation aux membres inférieurs.

La figure illustre les résultats sur le critère principal avec, à J40, une amélioration de la douleur dans le bras verum de -47,0 (-53,7 / -40,3) versus dans le bras placebo de -22,6 (-29,5 / -15,6 – p < 0,0001).

Les auteurs constatent 73,2% de patients répondeurs dans le bras neridronate versus 32,5% dans le bras placebo (p = 0,0003). Il existe par ailleurs une amélioration significativement plus importante dans le bras verum concernant le questionnaire douleur de Mc Gill, le score SF-36, le score d’œdème, les douleurs à la mobilisation, la fréquence de l’allodynie ou de l’hyperalgie. L’analyse multivariée ne va pas retrouver de facteur prédictif de réponse.
Pour les patients initialement traités par placebo et recevant ensuite en ouvert le neridronate, les auteurs, 40 jours plus tard, vont obtenir un taux de réponse de 82,3% ; l’EVA passant de 55,4 (24,2) à 13,9 (15,8).

En conclusion,côté tolérance, les auteurs ne mentionnent aucun effet indésirable sévère. A noter des arthromyalgies chez 29,3% des patients du bras verum versus 12,2% dans le bras placebo, et une fièvre, à moins de 38° et en règle de moins de 3 jours, chez 21,9% des patients traités par neridronate versus 2,4% dans le bras placebo.